Published the 02/08/2010
Une installation printanière difficile
Cette année, la météo a mis à rude épreuve la colonie de flamants roses installée depuis le 15 avril sur leur traditionnel îlot du Fangassier en Camargue, propriété du Conservatoire du littoral et géré par le Parc naturel régional de Camargue. En effet alors que le pic de ponte a eu lieu autour du 20 avril, des pluies abondantes se sont abattues sur la région début mai, noyant ainsi les centaines de nids en place. La majorité des flamants a alors abandonné l’incubation. Heureusement une seconde vague de ponte a eu lieu et tout s’est bien déroulé jusqu’à l’éclosion des poussins. Aujourd’hui rassemblés en crèche, ces derniers restent seuls la journée et chaque parent revient le soir pour les nourrir, reconnaissant son poussin parmi les milliers d'autres grâce à son cri unique. Cette année on estime la présence d’environ 3 000 à 4 000 poussins sur l’îlot pour 10 000 couples nicheurs. Le baguage pourra donc se dérouler avec un peu de retard mais dans de bonnes conditions.
Le baguage, une étape essentielle pour l’étude et la conservation des flamants
Cette technique consiste à équiper chaque poussin d’une bague en plastique sur laquelle est gravé un code unique, lisible à l’aide d’un télescope à une distance suffisante pour ne pas déranger les oiseaux. Le baguage se fait en plusieurs étapes. Les poussins, rassemblés en « crèche » sous la surveillance de quelques adultes, sont encerclés par des équipes réparties autour de l’étang et rabattus vers un enclos. Ils sont alors pris en charge un par un pour être bagués, pesés et mesurés. Enfin, quelques plumes sont prélevées pour mener des études génétiques, puis le poussin bagué est relâché dans l’étang et rejoint la crèche.
Ces bagues sont alors une mine de renseignements puisqu’elles vont permettre de suivre individuellement chaque flamant et d’étudier ses déplacements autour de la Méditerranée et de connaître sa durée de vie, la fréquence de reproduction, ses sites de reproduction et d’alimentation…
Des chercheurs aux quatre coins de la Méditerranée
Le baguage s’inscrit dans un programme plus large de suivi à long terme mené par les équipes scientifiques de la Tour du Valat, en collaboration avec des chercheurs d’Espagne, d’Italie, de Turquie, d’Algérie, de Tunisie et de Mauritanie. Ce réseau méditerranéen, établi en 2002, est de plus en plus actif : il facilite l’échange et la diffusion d’informations ainsi que les études conjointes qui permettent de mieux connaître le comportement de cette espèce étonnante.
Par exemple une étude récente a été menée sur la dispersion des flamants roses entre trois colonies du bassin méditerranéen (Camargue, Fuente de Piedra (Espagne) et Sardaigne (Italie)) ; une autre étude génétique est en cours utilisant un échantillon de 12 sites. Ces travaux, grâce notamment aux nombreuses lectures de bagues, ont pour finalité d’aider à la mise en place de mesures de conservation de large portée géographique, car les flamants, eux, ne connaissent pas les frontières !
Des flamants nains en Camargue !
La colonie de flamants roses a eu cette année la visite d’un hôte exceptionnel : le Flamant nain (Phoeniconaias minor). Il se distingue par sa plus petite taille, son plumage carmin, ses yeux orange et son bec violacé.
Depuis la mi-mai donc, deux couples sont venus nicher sur l'îlot du Fangassier et un poussin est né début juillet. Une visite inhabituelle (la dernière date de 2001) pour notre équipe scientifique puisque les populations les plus proches sont en Afrique de l’Ouest.
Contacts presse
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