Published the 30/03/2010
Le bassin méditerranéen est l’un des 34 « hotspots » ou points chauds de biodiversité identifiés sur la planète. Cette biodiversité est non seulement riche, mais elle est unique : la moitié des espèces de plantes à fleurs et les deux tiers des poissons d’eau douce observés en Méditerranée ne sont présents que là et nulle part ailleurs !
Diversifiée et originale, cette biodiversité est cependant très vulnérable (voir encadré ci-dessous). Elle est menacée principalement par l’Homme et ses activités : infrastructures, industrie, tourisme… qui dégradent les habitats naturels, les morcellent, induisent une forte pression sur une eau déjà rare. Concilier activités humaines et conservation est donc une priorité.
Quelques chiffres
- 56% des poissons d’eau douce endémiques, 36% des crabes et écrevisses, 29% des amphibiens, 19% des libellules pourraient disparaître au cours des prochaines décennies. 17% des mammifères, 13% des reptiles, 42% des espèces de raies et requins sont menacés d’extinction dans le bassin méditerranéen.
- D’ici 2025, 95 millions d’habitants nouveaux sont attendus en Méditerranée ; 390 millions de touristes internationaux parcourront la Méditerranée ; 330 km3 d’eau douce seront mobilisés chaque année pour les activités humaines.
Pour protéger ces espèces menacées, il est nécessaire d’identifier les sites dans lesquels elles évoluent. C’est ce qu’a fait, au niveau du bassin méditerranéen, le CEPF et ses partenaires en identifiant des sites-clés pour la biodiversité (KBA pour Key Biodiversity Area) qui abritent les principales espèces rares et menacées. Parmi eux les massifs montagneux du Maghreb et notamment l’Atlas, les zones humides côtières de l’Algérie et de la Tunisie, ou encore la région côtière de Croatie.
Ainsi les décideurs de chaque pays disposeront désormais d’une liste de sites prioritaires à protéger et gérer durablement. De son côté, la société civile des pays en développement bénéficiera de financements et d’appui technique pour mettre en œuvre concrètement cette gestion au bénéfice de la biodiversité et des populations qui en vivent.
==> La Tour du Valat, l’ONG turque Doga Dernegi et le CEPF organisent donc mardi prochain une réunion d’étape importante pour ce projet, réunissant de nombreux partenaires. Il s’agit de dresser le bilan du travail d’identification mais aussi et surtout de valider une stratégie d’intervention sur 5 ans pour allouer les financements à la mise en œuvre d’actions de préservation sur ces sites identifiés comme prioritaires.